Messe à l'Institut Notre-Dame de Vie en 1981
Il prend l'habit le 14 août 1924 et reçoit le nom de frère Marie-Joseph
Son histoire
Il est ordonné prêtre le jour de la fête de saint Joseph, le 19 mars 1932 par Mgr Ruch à Koenigshoffen. Il célèbre sa première messe dans son village natal (Eckbolsheim) le 28 mars
Pèlerinage à Rome avec le pape Jean-Paul II
Roger Lehmann, père Marie-Joseph et René Lejeune
Le père Marie-Joseph avec Yvonne Chami (fondatrice de Anta Akhi au Liban)
Aloyse Gerber doit à ses parents, tertiaires de Saint François, d'avoir reçu, tout petit, l'amour de l'Ordre franciscain. Né le 27 février 1907 — neuvième au sein d'une famille de douze enfants —, le village alsacien d’Eckbolsheim, non loin de Strasbourg, il entre à onze ans à l’École Séraphique de Strasbourg-Koenigshoffen, tenue par les frères capucins. Il n'a pas douze ans quand sa mère meurt en 1918, l'ayant confirmé dans la vocation au sacerdoce qui mûrit dans son cœur d'enfant : « Les grandes grâces reçues quand j’étais jeune, je les ai reçues lors des temps de prière nocturne. Nous avions adoration nocturne tous les mois dans notre collège». Sa formation secondaire achevée, il entre en 1924 au noviciat de Sigolsheim, des
Frères Mineurs Capucins. Il prend l’habit le 14 août de la même année. Son nom est désormais le frère Marie-Joseph. Il poursuit des études de philosophie au couvent de Strasbourg-Koenigshoffen (1925-1928). Après avoir accompli son service militaire, il y commence ses études théologiques en 1929 et achève son noviciat. C’est à ce moment que se développe une correspondance précieuse avec sa sœur Rosalie. Elle est entrée de son côté chez les Sœurs
Franciscaines Missionnaires de Marie. Tous deux chemineront désormais sur la voie d’enfance spirituelle de
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Le père Marie-Joseph a porté sur lui durant de longues années une photo de sainte Thérèse, reçue de Céline par le
Carmel de Marienthal. C’est à Tours que frère Marie-Joseph prononce ses vœux solennels en 1930. Puis il part à Toulouse où il fréquente l’
Institut Catholique : ses études d’Histoire de l’Eglise seront essentielles dans sa formation, et lui permettront d’acquérir un grand esprit de discernement, d’enraciner son amour profond de l’Eglise, lui apprendront l’histoire de l’Ordre et lui donneront pour toujours une grande confiance en Dieu par rapport à toutes les secousses de l’histoire. En la fête de Saint Joseph, le 19 mars 1932, frère Marie-Joseph est ordonné prêtre. Il se confie ainsi à sa sœur en 1933 : « Un immense désir me dévore d'accomplir ce que je voudrais appeler ma mission : conquérir beaucoup d'âmes au "Christ de l'âme franciscaine" et fonder et soutenir et lancer tout un groupe d'apôtres 100 % du Tiers-Ordre ». Ses supérieurs venaient de lui demander d'interrompre ses études d'histoire de l'Église à Toulouse : c'est à Bitche que son ministère sacerdotal devait s'épanouir. Tout en exerçant dans le
diocèse de Metz un service de confession et de prédication en paroisses, il enseigne l'Histoire de l'Église auprès des jeunes frères du couvent d'études à Bitche . Mais comment le père Marie-Joseph pourrait-il se résigner à voir l'Ordre séculier ne rassembler là que quelques dames âgées ? En quelques années, il crée des cercles d'adolescents, de jeunes ; rassemble des jeunes foyers, des prêtres. Tous s'engageront à vivre l'Évangile à la suite et dans la famille de Saint François. L'un de ses confrères, le père Joseph Sitterlé, témoignera : Connaître Dieu et le faire connaître et aimer : telle a été l'œuvre de la vie du père Marie-Joseph, sa vocation et sa mission franciscaine. Son âme d’apôtre éclate rapidement. Le père Marie-Joseph appartient à ces prophètes qui ont façonné le renouveau spirituel de ce siècle. L'appel universel à la sainteté rappelé par le
Concile Vatican II, le réjouit profondément : la sainteté doit devenir le chemin de tout baptisé. À un titre tout particulier, il chemine aussi avec Thérèse de l'Enfant-Jésus qui inspira, dès le début, sa direction spirituelle. Il entrevoit son rayonnement universel. La fécondité spirituelle du père Marie-Joseph se bâtit sur la prière et le face-à-face avec Dieu, comme en témoigne ses lettres. Revenu de la "drôle de guerre" (1940), le père Marie-Joseph est secrétaire à l'évêché, à la disposition du vicaire général de Metz, de 1941 à 1944. Il s'expose au danger en exerçant son ministère paroissial, prêchant des retraites, animant clandestinement des cercles d’études, notamment celui de la
J.O.C. A partir de 1945, il revient au couvent de Bitche : tout est à refaire... Le pays de Bitche est parsemé de ruines. Écoutons le père Huss : "Le père Marie-Joseph se dévoua totalement pour la cause franciscaine… De 1951 à 1969, il est directeur de la revue « Saint François chez nous ». Esprit dynamique, il sait entraîner à sa suite jeunes et adultes dans la réalisation de projets multiples ». Petit à petit, il rassemble en une seule famille les différents groupes qui grandissent : les foyers, les aînés, la
Jeunesse Franciscaine, les enfants ou Cordigères, le groupe des consacrés, les prêtres. Chacun de ces groupes se réunit une fois par mois, et tous ensemble une fois par trimestre pour une journée de récollection. Chaque été, randonnées spirituelles, pèlerinages et camps entretiennent la fidélité au charisme franciscain, et sont des heures où l'Esprit Saint fait toucher à chacun la profondeur de l'amour du Christ et de l'Eglise dont le père est embrasé. Ce sont des tremplins pour repartir vers "les grands horizons du large", dans les engagements multiples au service de l'Eglise et du monde. Signalons son intérêt pour les Missions. Roger Lehmann, jeune médecin, et son épouse Elisabeth, ont sous son inspiration la grâce de leur vocation missionnaire à Madagascar auprès des lépreux, ainsi que d’autres laïcs qui se mettent au service des Missions. Notons ensuite son intérêt pour l’éveil des vocations religieuses. Sous sa direction, plusieurs membres de la Fraternité s’engagent chez les Sœurs
Clarisses et les Sœurs franciscaines de Notre-Dame. Retenons encore son attention continuelle à la formation franciscaine des adultes et de la Jeunesse Franciscaine. Il est soucieux de former les jeunes à un amour vrai et fidèle, autant dans le sacrement du mariage que dans le célibat consacré : deux manières de vivre la vocation franciscaine et évangélique au sein du monde. Appuyé par les encouragements des Papes, le père Marie-Joseph explique inlassablement comment
la Règle de l'Ordre Franciscain Séculier correspond à la soif de Dieu allumée par l'Esprit Saint à l'heure de la nouvelle évangélisation. À partir des années 1980 et malgré une santé fragile qui le maintient dans un état de grande fatigue, le père Marie-Joseph communie à l'élan missionnaire du Pape Jean-Paul II. Mesurant les enjeux de la construction de l'Europe spirituelle, il guide la fraternité sur les hauts lieux de pèlerinage : Rome, Assise, Lourdes, Altötting, Fatima, Jasna Gora, Lisieux, Jérusalem, tout en organisant, en son pays de Bitche "le groupe marial du premier samedi" à Holbach-Fatima. Dans cet esprit d'universalité, le père Marie-Joseph stimule les échanges entre les Jeunesses Franciscaines et les jeunes libanais, polonais, africains. Toujours heureux de la complémentarité des charismes dans l'Église, il entretient des relations avec de nombreuses communautés :
l'Institut Notre-Dame de Vie, l’Institut de la Sainte Famille (Pologne) en lien avec Mgr Majdanski, le
Foyer de la Sainte Famille à Cotignac. Il encourage un tertiaire de longue date, René Lejeune, auteur de la première biographie de
Karl Leisner, à promouvoir la
cause de béatification de Robert Schuman, "Père de l'Europe", dont René fut secrétaire privé. Mesurant les changements profonds et douloureux que vivent les Églises dites "du silence", il appuie les initiatives de l'
AED. Il encourage la création des
Associations Familiales Catholiques de Moselle, et surtout il exhorte les familles de la fraternité à ce lancer dans cette mission, ferment des valeurs évangéliques. Il éclaire aussi certains dans leur engagement syndical. Tandis que ses forces déclinent et qu'il se conforme, comme Saint François, au Christ douloureux, il regarde avec confiance l'avenir : « Cela se fera si le bon Dieu le veut, comme Il le veut, dans la mesure et sous la forme qu'Il veut.» Nous voudrions achever cette brève évocation de sa vie, en livrant quelques-unes de ses dernières paroles : « Personnellement, je voudrais chanter le Nunc dimittis servum. Mais il y a aussi le Non recuso laborem de Saint Martin. L'heure du Nunc dimittis ne semble pas encore venue. Un petit bout de chemin est encore à faire. Et cela dans l'absolue confiance que le Seigneur, dans sa fidélité, ne laissera pas sombrer son oeuvre — la grande et belle Oeuvre de François d'Assise en sa Troisième Institution. Surtout en ces temps difficiles où le "Restaure mon Église" est redevenu un grand Appel du Divin Sauveur. Pourquoi, dans sa sagesse et sa miséricorde, Dieu ne susciterait pas, au sein de ses fidèles, un grand apôtre du Tiers-Ordre... À Dieu rien n'est impossible ! Pourquoi est-ce qu'il ne se lèverait pas du milieu des laïcs franciscains eux-mêmes un serviteur avisé pour son oeuvre... Dieu est fidèle. Il ne trompe pas. L'espérance dans la foi ne sera jamais confondue, d'autant moins que nous sommes tous consacrés à Marie ». La dernière parole du père, à l'heure même de son entrée dans la Vie, le 27 juillet 1993, est : « La Providence ... ».
Un ardent apôtre
Père MARIE-JOSEPH (Aloyse Gerber) ofm, Capucin (27 février 1907 - 27 juillet 1993)
de l'Ordre Franciscain Séculier
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